Cameroun: A 13 ans, il devient le nouveau chef Batcham

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Sept ans après, Djeutsa Sonkoué Adrien a été désigné lors des obsèques officielles du défunt chef.

La vacance de poste à la tête de la chefferie Batcham qui dure depuis huit ans, a été solutionnée. C’est, à un jeune enfant, que revient la lourde charge de remplacer feu sa majesté Sonkoué Tatang Francis Hervé, décédé le 17 décembre 2007. Le choix porté sur lui lors de la séance des consultations des notables, a été effectué lors de la clôture de la cérémonie des obsèques officielles du défunt chef. Djeutsa Sonkoué Adrien, tout juste âgé de 13 ans, a été arrêté le dimanche 17 janvier 2016. Né en 2003, celui qui est désormais le 14e monarque de la dynastie Batcham était élève en classe de troisième à Douala. Pour conduire les destinées de la chefferie de premier degré du groupement Batcham et de tout ce peuple, il doit concilier à l’avenir ses ambitions avec la gestion du groupement Batcham. D’après Jules Tatang, un prince de la cour,
le jeune chef a été juste imprégné de certains rites après son arrestation. «C’est quand il va avoir l’âge et pénétrer au la’akam qu’il va entrer pleinement en possession de tout son pouvoir».

Heureusement, le jeune monarque peut compter sur l’appui de son peuple. Pierre Vincent Ngambo, le secrétaire général du ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative, a rappelé au nom des élites de cette localité du département des Bamboutos que «le nouveau chef, ciment unificateur, va guider le peuple Batcham vers les cimes du développement et que tous les fils Batcham, sans aucune restriction, vont l’accompagner dans ces charges».  Pour présenter les missions qui incombent à ce jeune souverain, Jules Tatoula, l’un des sous chefs Batcham, convie le chef à s’inspirer des traces de son défunt père. Sa majesté Sonkoué Tatang Francis Hervé, durant son règne de six ans, «a œuvré pour la réduction du grand banditisme, a lutté contre la culture du cannabis qui devenait la règle à Batcham, et a réorganisé le comité de développement ainsi que les castes de notabilités, pour les fédérer vers le développement du groupement Batcham. Des chantiers que le nouveau monarque, malgré sa jeunesse, va accomplir en s’appuyant aussi sur les chefs traditionnels du département des Bamboutos, qui l’ont clamé par la voix de sa majesté Tchoupou Namekong Théodore, le chef Bamougong. Djeutsa Sonkoué Adrien, qui est né sous la peau de la panthère de l’épouse qui a séjourné au la’akam avec son père, doit aussi s’appuyer sur ses deux adjoints, arrêtés juste après lui. Il s’agit respectivement de Kenne Sonkoué, fils de la première femme, et de Sonkoué Piowo Samuel. Les obsèques officielles ont eu lieu alors que le flou qui persiste sur le décès du défunt chef. Des personnes ont été arrêtées pour assassinat, d’autres sont mortes, et quelques-unes libérées. Seule Aimée Sonkoué, l’épouse qui a vu le chef mourir dans son lit, continue de croupir en prison. Pour assister aux obsèques de son défunt époux, elle était gardée par une douzaine de gardiens de prison. Dans ces pleurs, elle sollicitait que s’ouvre enfin le jugement de son dossier, pour qu’elle cesse de croupir en prison sans aucune condamnation.
Honoré Feukouo
(c) le jour

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